Les conséquences de l'analphabétisme,
28 apr 2026 Au cours des cinq premières années de notre mariage, Alexandre et moi n’avions pas de voiture, ce qui nous a amenés à prendre souvent le taxi. Cette interaction très étroite (au sens propre : serrés les uns contre les autres) entre nous et les autres passagers avait aussi de nombreux avantages… Je me souviens de discussions très animées, souvent sur des sujets liés à l’Évangile ! Mais je me souviens aussi de ma surprise lorsqu’une dame m’a tendu son téléphone, en mentionnant un nom d’un ton très neutre… Il m’a fallu quelques instants pour comprendre ce qu’elle voulait… Elle me demandait de chercher cette personne dans ses contacts pour qu’elle puisse l’appeler… car elle ne savait pas lire ! Plus tard, j’ai découvert des téléphones qui contournaient ce problème, car au lieu de noms, les numéros de téléphone pouvaient être associés à des symboles 😉. Pour de nombreux Togolais, WhatsApp, avec la possibilité d’envoyer des messages audio, est une bénédiction incroyable.
Ce qui m'amène à aborder ce sujet, c'est le fait que ma belle-mère séjourne actuellement chez nous. Joachim est rentré de l'hôpital, et elle a décidé de cuisiner et de s'occuper de lui pendant quelque temps. Elle incarne vraiment une génération plus âgée : elle n'est jamais allée à l'école et ne parle pas français. Heureusement, il y a beaucoup de gens à la maison qui peuvent traduire pour moi, notamment Neline qui parle couramment l’éwé ! (ce qui rend sa mère jalouse). Elle écoute souvent la radio, et sa frustration était bien réelle lorsqu’à la fin d’une émission, elle ne parvenait pas à noter le numéro de téléphone communiqué. Elle a demandé à Joachim de le faire pour elle, mais celui-ci a refusé pour une raison quelconque. « Je t’ai envoyé à l’école et tu refuses de m’aider ! » s’est-elle exclamée, frustrée !
Mais… plus tard dans sa vie, elle a suivi un cours pour apprendre à lire l’ifè, sa langue maternelle… avec l’équipe des traducteurs de la Bible Wycliffe. Comme beaucoup de langues locales s’écrivent en alphabet phonétique (chaque caractère représente un son), c’est beaucoup plus facile d’apprendre à lire ! Et donc… heureusement, elle sait lire ! Chaque soir, elle prend son Nouveau Testament en ifè et lit… lentement et à voix haute… car c’est en s’entendant prononcer les sons qu’elle découvre ce qui est écrit.
Nous sommes impatients de pouvoir publier des livres dans les langues locales à l’Institut biblique Tyrannus. Cela aidera tous ceux qui ne savent ni lire ni écrire le français à améliorer leurs compétences en lecture, non seulement pour qu’ils puissent mieux lire leur Bible, mais aussi pour qu’ils aient accès à des ouvrages traitant de sujets en lien avec la culture locale.
La mère d’Alex est une catholique très fervente et nous prions pour qu’elle découvre, à travers les pages des Écritures, l’importance de croire en Jésus seul pour le salut !